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Les coûts de l’absentéisme

lundi 25 mars 2019, par Melanie Roi

Charge importante pour l’entreprise, l’absentéisme génère des coûts
directs, mais également des coûts indirects pour l’entreprise. Ces
derniers peuvent représenter jusqu’à 4 fois le montant des coûts
directs.

Les chiffres

Les coûts indirects sont largement supérieurs aux coûts directs.

Anne-Sophie Godon, Directrice de l’innovation et des études, Malakoff Médéric.

L’absentéisme est réputé coûter cher aux entreprises mais rares sont
celles qui cherchent pourtant à calculer ce surcoût de masse salariale.
80 % des DRH reconnaissent ne pas avoir de vision précise de ce que
représente le coût de l’absentéisme dans leur organisation.

Une évaluation difficile

Évaluer le coût des arrêts de travail est un exercice difficile car
ce coût dépend de nombreux facteurs : le niveau de rémunération du
personnel, le mode de rémunération (salaire fixe, variables, avantages
en nature…), la politique RH (délai de carence pris ou non en charge),
la politique de remplacement des absents (remplacement systématique, sur
certains postes, à partir d’une certaine durée d’absence…), le mode de
remplacement (recours aux heures supplémentaires, CDD, intérim,
prestataires externes…), etc.

Les coûts directs pour les entreprises

Les coûts directs sont les moins difficiles à calculer. Ils comprennent :

Les coûts salariaux : délai de carence, maintien du
salaire pendant l’absence, complément par rapport aux indemnités
journalières de Sécurité Sociale.

Les coûts directs dépendent de la durée des arrêts et de la politique
de maintien du salaire de l’entreprise (exemple : délai de carence pour
les salariés qui ont une durée d’ancienneté de moins d’un an).

Les coûts indirects

Les coûts indirects sont nombreux et généralement sous-estimés. Ils
représenteraient entre deux et quatre fois les coûts directs.

Ils dépendent notamment de la politique de remplacement : le coût est
moins élevé quand les absents sont peu remplacés.
Ils dépendent également de l’interdépendance des tâches au sein de
l’entreprise : une absence au sein d’une chaîne de production
travaillant en flux tendus n’a pas les mêmes répercussions qu’une
absence dans un service administratif.

Les principaux coûts indirects sont les suivants :

  • Les coûts de remplacement
     : heures supplémentaires, remplacement des absents, formation du
    remplaçant, coût d’intégration du remplaçant en phase d’acquisition
    d’expérience, sureffectif naturel pour faire face à l’absentéisme.
  • Les coûts de gestion : gestion administrative de l’absence, gestion du remplacement.
  • Les coûts de protection sociale : couverture complémentaire prévoyance.
  • Les coûts liés aux dysfonctionnements organisationnels : interruption de l’activité, baisse qualitative et quantitative de production.
  • Les coûts d’image : insatisfactions des clients suite à perte de qualité, retard dans les livraisons, etc.
  • Les coûts sociaux
     : détérioration du climat social, augmentation de la charge de travail
    pour les salariés présents, risque accru d’accidents, etc.

Tout le monde s’accorde sur le fait que les coûts indirects
représentent des coûts cachés importants, plus élevés que les coûts
directs. Mais le poids des coûts indirects par rapport aux coûts directs
fait débat. La première étude scientifique sur ce sujet estime qu’ils
sont 4 fois plus élevés que les coûts directs en ce qui concernent les
arrêts suite à un accident de travail.

Il est de coutume de dire qu’au total (coûts directs + coûts
indirects) un point d’absentéisme coûte un point de masse salariale,
sans que cette équation soit démontrée scientifiquement. Il s’agit d’un
ordre de grandeur qui ne dispense pas chaque entreprise de mener son
propre calcul pour voir si elle se situe plutôt au-dessus ou au-dessous
de cette référence.

Les coûts pour l’Assurance maladie

Ce sont les arrêts de longue durée qui coûtent le plus à l’Assurance maladie.

D’après la Caisse Nationale de l’Assurance Maladie,
les arrêts de moins d’un mois représentent 77 % des arrêts mais
seulement 20 % des indemnisations journalières versées par la Sécurité
sociale

. En revanche, les arrêts de plus de 6 mois représentent 5 % des arrêts mais 40 % des dépenses d’IJ de la Sécurité sociale.

Coût de l’absentéisme : les chiffres

  • Les
    dépenses d’indemnités journalières versées par l’Assurance maladie aux
    salariés sont d’environ 10,5 milliards d’euros, soit près de 7 % des
    dépenses de santé en France. Ce sont les indemnités pour arrêts de
    travail et maladies professionnelles qui augmentent le plus ces
    dernières années.
  • Les arrêts de plus de 6 mois représentent 5 % du nombre d’arrêts et totalisent 40 % des dépenses d’indemnités journalières.
  • Les
    AT et MP représenteraient en 2010 une charge de 2 à 3 % du PIB d’après
    la Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de
    travail.
  • Le coût direct pour les entreprises du secteur privé en 2013 serait de 8,8 milliards d’euros, contre 7 milliards en 2012.

En savoir plus : https://www.malakoffmederic.com/entreprises/informations/les-couts-de-l-absenteisme.htm?idInformation=couts-de-l-absenteisme